04/11/2009

pub/art

Créatives, les agences de pub ? Plagieuses, plutôt. Qu’on en juge par cette campagne de pub d’un célèbre fournisseur de gaz naturel (à gauche - visuels Beaux-Arts Magazine) où des individus sont photographiés dans des positions défiant les lois de la gravité... En découvrant ces images, Philippe Ramette est devenu vert de rage. Car ces postures légères et improbables sont, depuis des décennies, la marque de fabrique de cet artiste réputé. Ainsi ce cliché montrant un homme adossé à un tronc, les pieds dans le vide, ressemble à s’y méprendre à celle de Ramette montrant un homme grimpant à l’horizontale (à droite). Sauf que Ramette, contrairement aux pubards, n’a pas utilisé Photoshop mais un périlleux système technique lui permettant de tenir réellement cette pose. Pour réaliser cette performance, l’artiste a fait appel à un complexe et périlleux système technique qu’il baptise « prothèse à attitudes ». Après enquête sur cette campagne qui de toute évidence est un plagiat, il apparaît que l’agence de publicité avait contacté la galerie Xippas à Paris pour en savoir plus sur son travail. L’agence ne s’est sans doute pas embarrassé de créer des « prothèses à attitudes » mais de rentabiliser leur achat de logiciel Photoshop. Philippe Ramette et la galerie Xippas ont assigné en référé les auteurs de ces images mais le jugement ne leur a pas été favorable. Pourtant en mars 2007, John Galliano, le très emblématique styliste de la marque Dior, avait été condamné en référé à 150 000 € au titre des dommages aux droits patrimoniaux et 50 000 € au titre du droit moral pour contrefaçon de l’œuvre de l'Américain William Klein dans les campagnes publicitaires de sa marque Galliano S.A qui reprenait l’idée des « planches contacts » du photographe.

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